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Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (fêtée le 31 mai)

Quel est le sens de la fête de la Visitation ?

Le mystère de la Visitation offre, toutes les dimensions du salut christique : une charité attentive ; une joie d'un coeur ouvert au projet de Dieu ; une vision de foi sur la nature et la mission de Jésus. 
Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth

Le sens de la fête
Deux femmes se rencontrent, Marie et Élisabeh. Marie, à l'annonce de la grossesse de sa vieille cousine par l'ange Gabriel (Luc 1, 26-39), se met en route pour être aux côtés d’Élisabeth enceinte de six mois de Jean Baptiste. Les deux femmes se retrouvent (Luc 1, 39-56). A peine la salutation de Marie retentit-elle aux oreilles d’Élisabeth que l'enfant qu'elle porte tressaille en elle. L'évangéliste Luc précise qu'aussitôt Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, déclarant Marie "pleine de grâce".
Le mystère de la Visitation nous propose, en condensé, toutes les dimensions du salut apporté par Jésus : une charité attentive aux besoins des autres, surtout des plus pauvres ; la joie d'un cœur ouvert au projet de Dieu ; une vision de foi sur la nature et la mission de Jésus.
L'enfant a tressailli d'allégresse
Qu'un enfant bouge dans le sein de sa mère, rien que de très naturel. Mais l'enfant d'Élisabeth tressaille d'allégresse, on pourrait même dire qu'il "bondit de joie". Voilà qui dépasse les mouvements d'un enfant à naître. En réalité, la rencontre d'Élisabeth et de Marie semble se calquer sur celle de David et de l'Arche d'Alliance (2 Samuel 6,2-11). Le roi David se met à tressaillir d'allégresse et s'écrie : "Comment se fait-il que l'arche du Seigneur vienne chez moi ?" Ce rapprochement des deux scènes permet à l'évangéliste d'exprimer la foi chrétienne. Marie, comparée à l'Arche d'Alliance, porte en elle celui qui est la présence de Dieu parmi ses frères. Élisabeth reconnaît en l'enfant de Marie son "Seigneur" et son propre enfant reconnaît en bondissant de joie la grandeur de Jésus.
Celle qui a cru
Élisabeth est "remplie de l'Esprit Saint", autrement dit l'évangéliste la présente ici comme une prophétesse, une porte-parole de Dieu. Voilà pourquoi Luc note qu'elle "s'écria d'une voix forte". Les lecteurs de cette scène de la Visitation peuvent comprendre que les paroles d'Élisabeth portent l'empreinte divine. Or ce que dit Élisabeth concerne Marie. Elle reconnaît d'abord dans sa parente "la mère de son Seigneur". La prophétie d'Élisabeth culmine dans la béatitude qu'elle adresse à Marie : "Heureuse, celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur". Marie est reconnue comme "croyante". Elle a pleine confiance. Pour Luc l'évangéliste, c'est bien la foi qui caractérise la mère du Seigneur.
Une scène à contempler
Contemplons cette scène de la Visitation. N'est-elle pas le prototype de toute rencontre authentique ? Car notre vocation est bien de nous porter mutuellement cette Bonne Nouvelle : oui, en Jésus, Dieu a établi sa demeure parmi nous. Mais comment le pourrons-nous, si nous nous fermons à l'Esprit et à sa mystérieuse fécondité ? Alors, à la suite de Marie et d'Élisabeth, osons croire que Dieu peut faire merveille dans nos vies. Ouvrons-nous à sa présence agissante, pour connaître ce tressaillement d'allégresse qui fut celui de Jean Baptiste.

Jour de l'Ascension. Mais que fête-t-on à l'Ascension?


Que fête-t-on à l’Ascension ?

La fête de l’ Ascension célèbre la montée de Jésus vers Dieu son Père. Elle est fêtée en France le jeudi de l’ Ascension , quarante jours après Pâques. Mort et ressuscité, il quitte ses disciples tout en continuant d’être présent auprès d’eux, mais différemment. Il promet de leur envoyer une force, celle de l’Esprit-Saint.
La fête de l’Ascension, célébrant l’entrée du Christ dans la gloire de Dieu, est une des principales fêtes chrétiennes, qui s’inscrit dans le prolongement de Pâques et annonce la
Pentecôte , dix jours plus tard. Le jour de l’Ascension, la couleur des vêtements liturgiques (que porte le prêtre) est le blanc, couleur de la fête, de la lumière et de la joie.

Jésus rejoint son Père.
L’Ascension est relatée par l’évangile de Marc (chapitre 16, verset 19), l’évangile de Luc (chapitre 24, verset 51) et le livre des Actes des Apôtres (chapitre 1, versets 6-11). Le livre des Actes des Apôtres rapporte que, quarante jours après Pâques, Jésus apparaît une dernière fois à ses disciples et leur annonce : « Vous allez recevoir une force, celle de l’ Esprit Saint qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins (…) jusqu’aux extrémités de la terre ». Après ces paroles, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. L’évangile de Luc précise quant à lui que les apôtres « retournèrent à Jérusalem, remplis de joie ».
Ainsi s’achève le temps des rencontres du Ressuscité avec ses disciples. Cependant, selon sa promesse, Il sera toujours avec eux, mais d’une présence intérieure : ils ne le verront plus de leurs yeux. Le Christ n’est plus visible, mais il n’abandonne pas ses disciples. Il leur promet la venue de l’Esprit à la Pentecôte.

Un nouveau mode de présence.
Croire que le Christ ressuscité est entré dans la gloire est un acte de foi. L’Ascension est source de liberté : loin de s’imposer aux hommes, Jésus les laisse libres de croire, et donc d’aimer véritablement. Jésus ne cesse d’inviter les hommes à le suivre : dans la foi, ils doivent apprendre à lire les signes de sa présence et de son action, en particulier dans la célébration des sacrements, notamment l’ Eucharistie, mais aussi dans sa Parole, son Peuple, ses ministres (évêques, prêtres, diacres)…
« Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?
» (Ac 1, 11) s’entendent dire les apôtres : l’Ascension du Christ est aussi un appel à un plus grand engagement dans le monde pour porter la Bonne Nouvelle.

La signification des Cieux.
L’Ascension de Jésus n’est pas un voyage dans l’espace, vers les astres les plus lointains, car les astres sont eux aussi faits d’éléments physiques comme la terre. Pour les croyants, monter aux cieux c’est rejoindre Dieu et vivre en son amour. Ici, nulle question de magie ou d’action spectaculaire. À propos du Ciel, le Catéchisme de l’Eglise catholique parle de « l’état de bonheur suprême et définitif ». Jésus ne s’est pas éloigné des hommes mais maintenant, grâce à sa présence auprès du Père, il est proche de chacun, pour toujours.

La parole du jour (19 mai 2017) Jér 15, 19: "Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras ma bouche. "

Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras ma bouche.

Pauvre Jérémie ! Et cependant, pourquoi pauvre ?
Le prophète qui pleure était un serviteur de choix
et honoré de Dieu au-dessus de plusieurs.
Mais, parce qu’il disait la vérité, il était détesté.
La parole, si douce pour lui, était amère pour ses auditeurs;
pourtant il était accepté de Dieu.
Il lui était commandé de demeurer dans sa fidélité;
et à cette seule condition le Seigneur continuerait de parler par lui.
Il devait agir avec hardiesse et dans la vérité avec les hommes de son temps,
afin de séparer parmi eux ceux qui voulaient marcher avec Dieu et obéir à ses ordres,
de ceux qui s’opposaient à ses prescriptions.

Le Seigneur l’encourageait en lui promettant qu’il serait sa bouche.
Quel honneur ! Tout prédicateur et tout croyant ne le convoite-t-il pas?
Dieu parler par nous ? Quelle merveille !
Notre parole sera sûre, vraie, pure : elle sera puissante.

Elle ne retournera pas sans effet; mais elle sera bénie pour ceux qui la recevront,
et ceux qui la repousseront le feront à leurs risques.
Nous en nourrirons plusieurs;
nous réveillerons celui qui dort, et appellerons les morts à la vie.
Que cette promesse soit pour toi et pour tous les serviteurs du Seigneur !

Joël 2, 25 : "Je vous remplacerai les années que la sauterelle vous avait dévorées. "

Je vous remplacerai les années que la sauterelle vous avait dévorées.

Oui, ces années perdues qui nous font soupirer nous seront rendues.
Dieu est assez riche en grâce pour
rendre les années qui nous restent à vivre aussi fécondes pour son service,
que celles de notre inconversion, sur lesquelles nous portons deuil,
ont été inutiles à sa cause.


Les sauterelles de la mondanité, des retours en arrière, de la tiédeur,
nous en venons à les considérer comme une terrible plaie.
Si seulement elles ne s’étaient jamais abattues sur nous !


Le Seigneur, dans sa bonté, nous en a délivrés,
et nous sommes maintenant pleins de zèle pour son service.
Béni soit son nom ! Nos moissons de grâces spirituelles sont telles,
que notre aridité d’autrefois est plus que compensée.


Nos tristes expériences sont changées en fruits bénis
et nous servent à en avertir d’autres.
Nous sommes, par suite de nos anciens manquements,
enracinés d’autant plus profondément dans l’humilité et la dépendance enfantine.
Et la vigilance et la circonspection que nous avons acquises
nous aident à rattraper plus sûrement le temps perdu. Ainsi, par un miracle d’amour,
les années où le dévastateur avait tout dévoré peuvent nous être rendues.


N’est-ce pas là une immense faveur ?
Croyons-le, et vivons en conséquence et nous le réaliserons,
comme Pierre, qui devint un homme beaucoup plus utile
après que sa présomption eût été guérie par la découverte de sa faiblesse.
Seigneur, aide-nous !

La parole du jour: Mt 5, 7 (17 mai 2017)

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Est-il juste que celui qui ne veut pas pardonner soit pardonné,
et que celui qui ne donne rien aux pauvres soit soulagé dans ses besoins !
Dieu nous rendra suivant notre propre mesure,
et ceux qui auront été des maîtres durs et des créanciers impitoyables
risquent de voir le Seigneur agir durement avec eux.

« Il y aura un jugement sans miséricorde pour celui qui n’aura pas usé de miséricorde. »
Cherchons aujourd’hui à donner et à pardonner.
Apprenons à porter et à supporter.
Ayons de la bonté, de la tendresse et de la charité.
Ne portons pas de jugements sévères sur la conduite des gens,
ne leur cherchons pas de sottes querelles;
ne tirons pas non plus avantage d’eux et ne soyons pas difficiles à contenter.
Nous voulons obtenir miséricorde soyons,
nous aussi, miséricordieux. 

Pour avoir droit à la béatitude, remplissons-en la condition.
N’est-ce pas un agréable devoir que d’être bon ?
N’y trouvons-nous pas plus de douceur que dans la colère,
l’indignation ou le manque de générosité ?
Là même il y a déjà une bénédiction.
Et obtenir miséricorde est une belle récompense.
Seule, la souveraine grâce pouvait faire une promesse semblable.
Nous ne quittons à nos semblables que quelques centimes,
et le Seigneur nous quitte notre dette tout entière.

La parole du jour : Prov 28, 10. (16 mai 2017)

Ceux qui sont intègres hériteront le bien.

Le livre des Proverbes est aussi un livre de promesses.
Les promesses devraient être passées en proverbes pour le peuple de Dieu.
En voici une digne de remarque.
Nous pensons habituellement aux biens terrestres comme réversibles;
ici il est parlé d’un héritage, c’est-à-dire d’une profession assurée.
Cet héritage nous est garanti de telle manière que rien ne peut nous en priver.
Nous pouvons dire que nous en avons dès maintenant la jouissance,
car il est des biens dont nous avons déjà la pleine possession.
Or qu’avons-nous déjà, actuellement ?
Nous possédons le précieux sang de Christ qui
nous donne la tranquillité de la conscience;
l’amour de Dieu pour nous qui reste invariable et inaltérable;
l’usage de la prière, par laquelle nous avons action sur le Seigneur en tout temps;
la providence de Dieu pour veiller sur nous constamment,
et ses anges pour nous servir;
son Saint-Esprit pour nous sanctifier et demeurer en nous;
En fait « toutes choses sont à nous,
les choses présentes et les choses à venir. »
Christ est à nous; et même la Trinité divine nous appartient.
Alléluia. Arrière donc les craintes, les pleurs et les plaintes;
« car un héritage délicieux nous est échu,
une belle possession nous est accordée. »

FIC (Frères de l'Instruction chrétienne) Province d'Haïti153 ans en Haïti13 mai 1864-13 mai 2017

FIC  Province d'Haïti
156 ans en Haïti
13 mai 1864-13 mai 2020


                                                           ARRIVÉE DES FRERES
1864-2017
        Le 13 mai 1864, dans la soirée, 4 Frères de Ploërmel, les Frères Athénodore, supérieur, Clément, Corentin et Hyacinthe débarquaient à Port-au-Prince, après un voyage de 26 jours.
        Le 17 avril, ils avaient quitté Paris pour Liverpool, en compagnie de l’abbé Alexis Jean-Marie Guilloux, aumônier de leur Maison-Mère et supérieur du collège Saint-Stanislas de Ploërmel, de l’abbé Ribault, professeur à ce même collège et de deux missionnaires italiens. Ils prirent passage sur le vapeur l’Ascalon. Le 20, ils faisaient route vers les Antilles. Ils essuyèrent dès les premiers jours de leur longue traversée, une forte et dangereuse tempête. Vint l’accalmie et l’Ascalon roula tranquille à travers l’Atlantique.
      Les Frères s’étaient depuis 25 ans implantés dans les Petites Antilles à la Guadeloupe, à la Martinique, puis au Sénégal et enfin à Tahiti en 1860, l’année même de la mort de leur Fondateur.

LES ORIGINES DE LA MISSION D’HAITI
       A l’origine de cette nouvelle fondation missionnaire, il faut poser un évènement d’importance : la signature du Concordat entre Rome et le Gouvernement  haïtien, le 28 mars 1860 et dont le projet remontait à 1842. "Cette conclusion, a écrit le Rvd P. Cabon, était d’importance majeure pour la République d’Haïti : elle ouvrait une ère nouvelle pour son Église catholique, après les désordres, les abus de toutes sortes, elle allait permettre la régularité sans laquelle tout établissement péréclite et tombe."
      Voici le préambule de cette Convention entre le Souverain Pontife Pie IX et son Excellence Fabre Geffrard, Président d’Haïti : "Désirant organiser et régler convenablement l’exercice de la religion catholique, ont choisi pour Ministres plénipotentiaires : S.S. le Souverain Pontife Pie IX : le Cardinal Jacques Antonelli, Secrétaire d’État, etc. Son Excellence le Président d’Haïti, Fabre Geffrard : M. Pierre Faubert, aide-de-camp et secrétaire du Président d’Haïti et Jn Pierre Boyer, ancien ministre du Gouvernement haïtien près du Gouvernement français. Lesquels plénipotentiaires, après l’échange de leurs pleins pouvoirs respectifs, ont arrêté la convention suivante : (…) " Suivent les 18 articles du Concordat.
     Sans retard, la cour de Rome chargea Mgr Bonetti de pourvoir à l’exécution de cette importante convention. Il se rendit donc en Haïti et y passa quelques mois. Il s’entendit avec le Gouvernement haïtien sur le nombre de sièges épiscopaux à établir dans le pays : cinq sièges dont un archevêché.
       On citait parmi les candidats les plus en vue à l’archevêché de Port-au-Prince, M. l’abbé Testard du Cosquer, du diocèse de Quimper, en France. Né en 1820 à Lesneven, il était alors curé de la paroisse du Carmel à Brest. Précédemment, il avait passé un an à la Guadeloupe comme Vicaire général de Mgr Lacarrière, puis avait été nommé professeur d’Écriture Sainte au Grand Séminaire de Quimper.
        Il fut appelé à Rome et chargé, après Mgr Bonetti, d’aller voir la situation ecclésiastique en Haïti. L’abbé du Cosquer avait du prestige, il parlait bien. Son éloquence lui valut un beau compliment de Frédéric Marcelin : "Les jours où il parlait à la cathédrale, on accourait comme à un spectacle."
        L’abbé du Cosquer accomplit sa mission avec succès, de février à octobre1862. Le Président Geffrard, plein d’admiration pour le délégué apostolique et devant proposer un nom pour l’archevêché de Port-au-Prince, selon les prérogatives que lui accordait le Concordat, fit choix, comme on le devine, de l’abbé du Cosquer (7 septembre 1863).
       Dès son retour à Rome, l’abbé du Cosquer fut préconisé le 1er octobre et sacré le 18.

Mgr DU COSQUER À PARIS ET À PLOËRMEL
     A la fin de janvier 1864, le premier archevêque de Port-au-Prince arrive à Paris. Il est reçu par les Pères du Saint-Esprit, au séminaire des colonies. De là il parcourt la France, visite les séminaires dans le but de découvrir des ecclésiastiques disposés à devenir ses collaborateurs en Haïti. A la fin de mars de la même année, le voici à la Maison-Mère des Frères de Ploërmel. Le lendemain, Jeudi-Saint, il célèbre pour la communauté la messe pontificale.
       Il s’entretint avec frère Cyprien, deuxième Supérieur général de la Congrégation et les membres de son conseil. Il sut exposer avec tant de chaleur et de conviction les besoins d’Haïti, que les supérieurs majeurs n’hésitent pas à se rendre à son appel : il aurait, sans plus tarder, 4 frères pour ouvrir une première école à Port-au-Prince. On avait ensuite à pourvoir d’autres villes.
       Mais Mgr du Cosquer n’avait pas gagné Ploërmel dans l’unique but d’obtenir des Frères. Il connaissait de réputation l’abbé Alexis Guilloux, un ploërmelais. Celui-ci avait été ordonné prêtre le 11 mars 1843. Le Père de La Mennais fit aussitôt des démarches auprès de l’évêque de Vannes, Mgr de la Motte, pour obtenir de confier au jeune prêtre la formation à la vie religieuse des aspirants de sa Congrégation. Cela faisait plus de 20 ans. L’Archevêque de Port-au-Prince avait jugé que l’abbé Guilloux lui ferait un bon Vicaire général. Il lui en parla et le sollicita d’accepter. L’aumônier y vit le dessein de la Providence. Il donna son adhésion. Il obtint sans difficulté l’autorisation de son évêque de partir pour la mission d’Haïti. Il fit alors ses préparatifs de voyage. Le jour où il quitta Ploërmel fut comme un jour de deuil pour la Maison-Mère.
  
BÉNÉDICTION DE L’ÉCOLE DES FRÈRES
A leur arrivée à Port-au-Prince, les 4 Frères furent reçus à l’archevêché. Puis ils séjournèrent également à Pétionville, dans la maison des séminaristes. A la fin de juillet, ils prirent possession d’une maison que le Gouvernement haïtien mettait à leur disposition pour servir d’école. Ils la trouvèrent bien petite et peu fonctionnelle. Enfin!... Le local était situé non loin de l’angle de la rue pavée et de la rue du Réservoir. Avant d’ouvrir les classes, ils durent acquérir ou faire fabriquer le mobilier nécessaire. Ce qui retarda encore la rentrée.
La bénédiction de l’école eut enfin lieu le 3 octobre. Ce fut une grande fête. Elle réunit autour des 4 Frères, Mgr l’Archevêque et son Vicaire général ; M. le Ministre de l’Instruction Publique, le général Damier ; de hauts fonctionnaires de l’État, des membres du clergé ainsi que les tout premiers amis des Frères.
Après la bénédiction de la maison d`école par Mgr l’Archevêque, le F. Athénodore, Directeur principal, remercia sa Grandeur et parla longuement de l’éducation chrétienne des enfants. Voici un beau passage de son discours, dans lequel on peut encore voir un excellent programme : "Nous voulons avant tout que nos élèves soient des chrétiens solides  craignant et aimant Dieu, fidèles à ses préceptes et à ceux de la sainte Église, dépositaire de son autorité, mais nous voulons en même temps, nous voulons par là même qu’ils soient dans leur famille, remplis de vénération pour les auteurs de leurs jours; dans les relations de la vie, soumis à leurs supérieurs, affables envers les égaux, obligeants à l’égard de tous; nous voulons enfin qu’ardemment dévoués à leur patrie, pleins de respect pour ses lois et ses institutions, ils deviennent des citoyens généreux, disposés s’il le fallait, à verser leur sang pour elle."
"Dans une grande et généreuse réplique", écrit Mgr Guilloux dans "Le Concordat ses résultats", Mgr l’Archevêque répondit que l’avenir de l’Église repose et s’appuie sur l’éducation religieuse des jeunes. Sa Grandeur célèbre ensuite les succès obtenus par les Frères missionnaires tant au Sénégal qu’à la Guadeloupe et à la Martinique. Après quoi, elle recommanda vivement au Ministre la nouvelle école. Celui-ci répondit que la bienveillance du Gouvernement lui était d’ores et déjà acquise. Puis il déclara, au nom du Président de la République, que l’école nationale des Frères de l’Instruction Chrétienne était officiellement ouverte.
En quelques jours, le registre d’inscriptions se couvrit de plus de 300 noms. Hélas! Les Frères n’en purent recevoir que la moitié, l’exiguïté de leur établissement ne leur permettant que d’ouvrir trois classes de 50 élèves chacune.
L’école débuta à la satisfaction de tous, dans le travail et la discipline. Après deux mois et demi de classe, les élèves des Frères subirent, comme tous les élèves des écoles de Port-au-Prince, les examens officiels de fin d’année. Les membres de la commission centrale de l’Instruction Publique se déclarèrent surpris et même émerveillés par les résultats obtenus en si peu de temps par l’école des Frères.
M. le Vicaire général en eut autant de joie que les Frères. Ceux-ci le remercièrent pour son dévouement à leur école : il avait sa part dans ce succès, car, malgré une charge de plus en plus assujettissante, il assurait avec amour celle d’aumônier de l’école des Frères.
LES  4  PREMIERS  FRÈRES
Le Frère Athénodore, est âgé de 43 ans. Il était l'ancien directeur de l’important pensionnat de Morlaix et il s’était fait une réputation d’écrivain. C'était la première fois qu'il quittait la France. Il mourra à Ploërmel en 1890 à l'âge de 69 ans.
Le Frère Clément, âgé de 45 ans à son arrivée en Haïti, avait 25 ans d’apostolat aux Antilles Françaises (Guadeloupe et Martinique), de 1843 à 1854. C'était un mordu du dessin, et il fit les premiers plans de l’école qu’il rêvait pour Haïti. Il mourra à Ploërmel en 1893 à l'âge de 74 ans.
Le Frère Corentin, lui est âgé de 42 ans, et il avait enseigné 10 ans à la Martinique de 1845 à 1855. Il mourra en 1872 à Ploërmel à l'âge de 50 ans.
Le Frère Hyacinthe était né en 1848 et n'avait que 16 ans à son arrivée. C'était un jeune créole du Sénégal qui venait de passer quelques mois à Ploërmel pour commencer sa formation, qu'il devait continuer sous la direction de son supérieur de communauté, comme cela se faisait alors. Il quittera la Congrégation en 1869 après 5 années de communauté.

Vierge Marie- Fatima (Portugal)13 mai 1917-13 mai 2017: un siècle depuis.....Le récit

La Vierge Marie. La première apparition à Fatima (Portugal) Dimanche 13 mai 1917-13mai 2017: déjà 100 ans.

« Je suis du Ciel »
Plusieurs mois après la dernière Apparition de l'Ange et très précisément en ce dimanche 13 mai 1917 qui précédait la fête de l'Ascension, les 3 enfants, avant de sortir avec leurs brebis, s'étaient rendus à l'église paroissiale pour entendre la première messe, celle qu'on appelle dans le pays, la « Messe des âmes », parce qu'on y prie spécialement pour les défunts. Dans la famille des petits pastoureaux, la messe du dimanche était un devoir sacré.

L a messe finie, les enfants revinrent à la maison, prirent le sac qui contenait leur repas, et allèrent, avec les brebis, jusqu'à la mare qui se trouve en dehors du hameau, vers l'endroit appelé Gouveia. Lucie, comme elle le faisait presque toujours, choisit elle-même l'endroit où ils devaient faire pâturer les brebis ce jour-là, un terrain appartenant à ses parents à la Cova da Iria qui signifie, la tombe de Iria, en souvenir de Sainte Iria (Irène) qui a préferé mourir que de perdre sa pureté. C'est là que se rendirent allègrement les trois enfants. Ils traversèrent lentement la lande pour permettre aux brebis de brouter le long du chemin. De cette manière, et parce qu'aussi le terrain était pierreux, hérissé ça et là de genêts épineux, la route fut assez longue, et ils n'arrivèrent à l'endroit désigné que peu avant midi. Ils ouvrirent alors leurs sacs de provisions, ils se signèrent, comme ils en avaient l'habitude, récitèrent un « Notre Père » , et se mirent à manger, en prenant soin cependant de garder quelque chose pour le soir, avant de reprendre le chemin de la maison. Ils dirent ensuite les Grâces et récitèrent le chapelet puis, en haut de la pente de la Cova da Iria, se mirent à construire, pour s'amuser, un petit mur autour d'un buisson, quand soudain ils virent comme un éclair. Ils se regardent tout surpris. Ils savent qu'il n'y a pas d'éclair sans orage. Ils lèvent les yeux vers le ciel, mais, ni du côté du Levant, ni du côté de Santa Catarina, il n'y a le moindre indice de pluie. Pas le plus léger nuage ne vient obscurcir l'azur du ciel. Pas le plus léger souffle de vent. Le soleil est splendide, l'atmosphère chaude et calme. Cependant, ils décidèrent de rentrer à la maison.

L es petits descendirent donc la pente, poussant les brebis en direction de la route. Arrivés à la moitié de la pente, environ à la hauteur d'un grand chêne-vert qui se trouvait là, ils virent un autre éclair puis une Dame toute vêtue de blanc, et qui répandait la lumière autour d'Elle.
S urpris par cette Apparition, les enfants s'arrêtèrent à environ 1m50 de distance d'Elle. Alors la Dame dit :
- N'ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal.
- D'où venez-vous ?, demanda Lucie.
- Je suis du Ciel , répondit Notre-Dame.
- Et que voulez-vous de moi ?
- Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après je reviendrai encore ici une septième fois.
- Et moi, est-ce que j'irai au Ciel aussi ?, dit l'enfant.
- Oui, tu iras.
- Et Jacinthe ?
- Aussi.
- Et François ?
- Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets.

Lucie demanda au sujet de deux jeunes filles mortes depuis peu : Maria, 16 ans, fille de José das Neves, et Amélia, 19 ans, qui allaient chez elle apprendre à tisser :
- Est-ce que Maria est déjà au Ciel ?
- Oui, elle y est.
- Et Amélia ?
- Elle sera au Purgatoire jusqu'à la fin du monde.
Il semble que cette jeune fille est décédée dans des circonstances comportant un irrémédiable déshonneur en matière de chasteté.
- Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?
- Oui, nous voulons.
- Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.

Pendant qu'Elle prononçait ces paroles, Notre-Dame ouvrit les mains et, comme par un reflet qui émanait d'Elles, une lumière intense s'en dégagea. Lucie dit plus tard que « cette lumière intense pénétra notre cœur jusqu'au plus profond de notre âme. Elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était la lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs ».
Les enfants se mirent à genoux en récitant intérieurement cette prière :
« Ô, Très Sainte Trinité, je Vous adore.
Mon Dieu, mon Dieu,
je Vous aime dans le Très Saint-Sacrement. »
Avant de partir, Notre-Dame ajouta :
- Récitez le chapelet tous les jours afin d'obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.
- Quand arrivera la fin de la guerre ?
- Je ne peux le dire encore, tant que je ne t'ai pas dit aussi ce que je veux.
Après ces paroles, Elle s'éleva doucement, en direction du levant, jusqu'à disparaître dans le Ciel. La lumière qui l'environnait semblait lui ouvrir un chemin.

Cette première Apparition dura environ 10 minutes, et comme pour les Apparitions de l'Ange, François vit la Très Sainte Vierge mais n'entendit pas ses Paroles. Jacinthe, elle, voyait et entendait tout, mais n'osa pas parler à Notre-Dame. Seule Lucie eut le privilège de dialoguer avec Elle.

Jacinthe, oubliant sa promesse de ne rien dire à personne, en parla aussitôt à ses parents. Ces derniers interrogèrent le petit François qui confirma tout ce qu'avait raconté sa sœur. Cette révélation arriva aux oreilles de Maria, sœur de Lucie. Questionnée, la petite voyante, dut tout raconter pour ne pas mentir, et la nouvelle se sut dans tout le bourg. Ses parents ne croiront pas à ce qui se raconte, et Lucie se fera donc très sérieusement gronder ; ce qui explique que, plus tard, Jacinthe ne dira plus rien sur ce qu'elle verra.

L 'information vint jusqu'aux oreilles du Curé-Prieur de Fatima, Dom Manœl Marquès Ferreira qui se montra assez perplexe et interrogea maladroitement les pastoureaux. Les petits enfants, impressionnés par l'attitude et le ton sévère du curé, ne gagnèrent pas sa confiance. Jacinthe observa même un mutisme total.
Offusqué, l'abbé durcit sa position et transmit le compte rendu de l'interrogatoire au Cardinal Belo, du diocèse de Fatima, qui suivit sa conclusion : « il faut se tenir résolument à l'écart de cela » . Dès lors, Dom Ferreira se conforme à cette directive, en se montrant très hostile aux événements de la Cova da Iria.